Olivier Jobard est né en 1970. Il a integré l’école nationale Louis Lumière en 1990 qui lui a proposé d’effectuer son stage de fin d’études à l’agence Sipa Press. En 1992, il a rejoint l’équipe des photographes de Sipa et y est resté pendant 20 ans.

Il a couvert de nombreux conflits dans le monde: Croatie, Bosnie, Tchétchénie, Afghanistan, soudan, Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Colombie, Irak…

En 2000, il s’est rendu à Sangatte. Sous ce hangar, qui faisait office de camp, il a rencontré des Afghans, des Tchétchènes, des Irakiens, des Bosniaques, des Kosovars, des Somaliens… Tous étaient exilés ; tous avaient quitté leur pays à cause de la guerre. Ces pays dans lesquels Olivier Jobard s’était volontairement rendu pour photographier les faits d’actualité qui avaient nourri 10 ans de sa vie. Il avait croisé ses gens sans les voir, ne d’attachant qu’à l’événement.

De leurs échanges dans ce dernier caravansérail est née son envie d’étudier les questions migratoires.

Son approche photographique évolua alors vers un travail au long cours. Il a rencontré Kinglsey au Cameroun en 2004 puis a documenté son périple clandestin de l’Afrique vers la France. Un livre éponyme sera édité chez Marval.

Puis pendant 2 ans, il a choisi d’appuyer son regard sur la « forteresse Europe » : de l’Ukaine à la Pologne, de la Turquie à la Grèce, de la Syrie à l’île de Lampedusa, il s’est attaché aux migrants qui parcourent ces nombreuses routes clandestines menant aux frontières européennes. De ce projet naitra une exposition itinérante : Exil, Exit ?

En 2013, il a suivi avec la journaliste Claire Billet, le périple de Luqman et ses amis, de jeunes migrants Afghans. Ils ont parcouru 12000 kilomètres sur la route de la soie.

En parallèle, la question de l’intégration des immigrés dans leurs pays d’accueil s’est naturellement imposée.

M. et Mme Zhang, un couple de Chinois vivant à Paris depuis une décennie, lui ont ouvert leurs portes… Il les a filmés pendant plus d’un an. Meurtris de n’avoir jamais pu régulariser leur situation, M. et Mme Zhang ont finalement décidé de rentrer dans leur pays d’origine.

Ghorban, lui, est arrivé seul en France à l’âge de 12 ans. Quand Olivier Jobard a rencontré cet enfant afghan, il dormait dans la rue. Cinq ans plus tard, il est en seconde générale.